|
Le vrai trésor de Tombouctou
est constitué par un ensemble de près de 100 000
manuscrits
détenus par les grandes familles de la ville. Ces
manuscrits, dont certains datent de l'époque
préislamique remontant au
XIIe siècle,
sont conservés depuis des siècles comme des secrets
de famille. Ils sont pour la plupart écrits en arabe
ou en
Foulani,
la langue
peul,
par des savants originaires de l'ancien
Empire du Mali
et contiennent un savoir didactique notamment dans
les domaines de l'astronomie, de la musique, de la
botanique... Des manuscrits plus récents couvrent
les domaines du droit, des sciences, de l'histoire
(avec d'inestimables documents comme le Tarikh
el-Sudan de
Mahmoud Kati
sur l'histoire du Soudan au XVe siècle et
le Tarikh el-Fetash d'Abderahmane
Es-Saad au XVIIe
siècle), de la religion, du commerce.
Le
centre de documentation et de
recherches Ahmed-Baba
(Cedrab), fondé en
1970
par le gouvernement avec l'aide de l'UNSECO,
recueille certains de ces manuscrits pour les
restaurer et les numériser. Si déjà plus de 18 000
manuscrits ont été collectés par le seul centre
Ahmed Baba,
on estime qu'il existerait jusqu'à 300 000
manuscrits dans l'ensemble de la zone touarègue. De
60 à 80 bibliothèques privées existent aussi dans la
ville, parmi lesquelles la bibliothèque
Commémorative Mamma Haidara et la bibliothèque
Mahmoud-Kati.
Couvrant l'ensemble des domaines du
savoir, ils sont aujourd'hui menacés par des
conditions matérielles difficiles et surtout par le
trafic qu'il en est fait pour de riches
collectionneurs occidentaux.
(Source :www.sum.uio.no/research/mali/timbuktu/project/timanus.fr.pdf)
|